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"Souvenirs de juin" - 1 -

Nürburgring (Allemagne), le 1er juin 1969 : dans l’Enfer vert…

Construit entre 1925 et 1927 dans un contexte socio-politique particulier de l’entre-deux guerre, le circuit du Nürburgring, au centre-ouest de l’Allemagne (Cologne) va donc fêter bientôt son centième anniversaire. C’est sans doute l’un des lieux culte du sport automobile mondial avec son tracé long de…22,8 kilomètres, appelé Nordschleife, qui accueillit le GP d’Allemagne de F1 jusqu’en 1976, en fait jusqu’à l’accident de Niki Lauda. Avec, dans son histoire, des hauts faits d’arme restés gravés dans les mémoires des fans de sport automobile et signés Rosemeyer, Stuck, Nuvolari, Caraccciola, Ascari, Fangio, Moss, Stewart, Ickx pour ne citer qu’eux.

Jo Siffert y connut aussi ses heures de gloire ; d’abord en monoplace en s’imposant en 1961 au volant de sa Lotus 18 Formule Junior ; puis en GP avec un superbe 4ème rang en 1964 (Brabham) et un 5ème en 1969 (Lotus) ainsi qu’en F2 (2ème la même année avec sa BMW derrière Jackie Stewart) mais surtout en endurance en y ajoutant le panache.

Sur ce toboggan appelé aussi l’Enfert vert car dessiné au milieu des forêts, exigeant à la fois du doigté et de l’improvisation, avec ses 176 virages à négocier à chaque tour, le Fribourgeois y disputa sa première course en 1961 (15ème sur une Ferrari). La suite, toujours dans le cadre des 1000 Kilomètres, allait ressembler à un tableau presque idyllique !

1964 : il se classe 8ème en compagnie du Genevois Heinz Schiller sur une Porsche 904 privée.

1967 : pour la première fois, il roule au commandement d’une manche du championnat du monde des marques avec une Porsche 910/8 d’usine ; mais il doit abandonner (moteur cassé).

1968 : il mène la toute nouvelle Porsche 908 au succès après des essais calamiteux. Sa prestation – avec l’aide de Vic Telford – tourne à la démonstration.

1969 : ses essais et ses qualifications sont ponctués par deux grosses embardées au volant de sa Porsche 908/02 ; mais le jour des 1000 Kilomètres, le dimanche 1er juin, il maîtrise tous les pièges et terrasse ses adversaires avec le Britannique Brian Redman comme acolyte.

1971 : trahi par le châssis de son bolide qui s’est fendu (!), il est transféré sur la seconde Porsche spider 908/03 usine de Pedro Rodriguez et finit sur le podium (2ème) au côté des vainqueurs Larrousse-Elford.

En tirant le bilan des apparitions de Siffert sur le Nürburgring, une chose saute aux yeux : il y excella, démontrant sur ce circuit d’hommes des facultés hors-pair, faites de courage et de combativité. Pour le plus grand plaisir des 350'000 personnes, venues chaque année participer à une sorte de pèlerinage, pour goûter aux prouesses de leur favori dont il faisait assurément partie.